L’endométriose, une maladie encore trop méconnue

 

En France, une femme sur dix est atteinte d’endométriose. Cette maladie gynécologique fréquente reste malgré tout peu connue, y compris par les femmes qui en sont atteintes. Alors quelle est cette maladie ? Quels sont ses symptômes et comment la traiter ? En cette semaine européenne de prévention et d’information sur l’endométriose (2 au 8 mars 2020), Hélium fait un point sur la question.

 

L’endométriose, qu’est-ce que c’est ?

L’endométriose est une maladie exclusivement féminine. Elle tire son nom de l’endomètre, le tissu qui tapisse l’utérus. Pendant les règles, ce tissu se désagrège et saigne. Mais il peut arriver que certaines cellules endométriales remontent et migrent vers d’autres organes au lieu d’être évacuées. Du tissu endométrial se forme donc en dehors de l’utérus sur les organes « colonisés » tels que les ovaires, la vessie ou les intestins provocant des adhérences ou des lésions.

Sensible aux hormones du cycle, ce tissu endométrial extra utérin va réagir de la même façon que l’endomètre de l’utérus, à savoir s’épaissir avant de se désagréger au moment des règles, ce qui provoque des douleurs très intenses notamment au moment des règles.

 

Les symptômes de l’endométriose

Si on parle souvent d’endométriose (au singulier), il est plus juste de parler d’endométrioses (au pluriel) car cette maladie, qui ne touche pas toujours les mêmes organes, ne se développe pas de la même façon chez toutes les femmes. Néanmoins, certains symptômes sont identiques. Le premier d’entre eux est la douleur, principalement au moment des règles ou de l’ovulation. Une douleur très intense et chronique chez 40% des femmes, et qui souvent ne passe pas même en ayant pris un antidouleur type paracétamol.

Certaines femmes peuvent également ressentir des douleurs au moment des rapports sexuels, souffrir de troubles digestifs (diarrhées ou constipation) ou urinaires (brûlures, sang dans les urines…), ressentir des douleurs dans le bas du bassin ou du dos pouvant irradier dans les jambes, ou encore une très grande fatigue.

Dans tous les cas, cette douleur est extrêmement handicapante au quotidien, dans la vie personnelle ou professionnelle, et il n’est pas rare que certaines femmes doivent être arrêtées à ce moment-là.

Comment diagnostiquer l’endométriose ?

« Avoir mal au ventre pendant ses règles c’est normal ». Une phrase que toutes les femmes ont déjà entendue mais qui ne s’avère pas toujours vraie. Seul un médecin ou un gynécologue peut établir qu’il s’agit bien d’endométriose et pas de simples douleurs liées aux règles. Si l’endométriose n’est pas détectée suffisamment tôt, elle peut être responsable d’infertilité (dans 30% à 40% des cas).

En cas de règles douloureuses, de douleurs pendant les rapports sexuels ou encore de troubles digestifs, parlez-en à votre médecin. Celui-ci procédera à des examens radiologiques (échographie ou échographie endo-pelvienne) pour déceler la présence d’éventuels kystes ovariens. D’autres examens peuvent également confirmer la présence de lésions ou de malformations dues à l’endométriose tels que :

  • Une IRM pour détecter des nodules ;
  • Une hystérographie (ou hystérosalpingographie) pour rechercher des déformations de l’utérus ou la perméabilité des trompes ;
  • Une échographie endorectale ou coloscopie en cas de lésions du rectum.

Comment traiter l’endométriose ?

Il n’existe malheureusement pas encore de traitement définitif de l’endométriose. Le principal traitement consiste à priver l’organisme des hormones qui nourrissent l’endomètre, et donc à supprimer les règles et les douleurs grâce un traitement contraceptif en continu sous forme d’une pilule ou d’un stérilet. Des antalgiques puissants peuvent également être prescrits.

Lorsque l’endométriose est très handicapante, ou que les lésions associées sont responsables d’une infertilité, il est possible de recourir à la chirurgie.

 

L’endométriose n’est pas une fatalité. Aujourd’hui elle est encore trop souvent diagnostiquée tardivement et par hasard, lorsqu’une femme a du mal à avoir un enfant. Fort de ce constat, l’ancienne Ministre de la santé Agnès Buzyn a annoncé en mars 2019 un plan d’action en faveur d’un dépistage plus précoce et d’une meilleure prise en charge de l’endométriose en France. Informer les femmes, les sensibiliser à l’endométriose sont également les objectifs de la Semaine Européenne de prévention de l’endométriose qui fêtera cette année sa 16ème édition. Le 30 mars sera également organisée à Paris la 7ème Marche Mondiale pour l’endométriose.